Date : 31/01/2007

Le Logiciel Libre

par Benoit

Bonjour, le sujet du jour : Le logiciel libre !

Ah, ils sont prisonniers les logiciels d'habitude ?

Le prisonnier c'est plus vous que le logiciel en fait. Ce type de logiciel qui vous rend prisonnier est appelé "Logiciel propriétaire".

Et en quoi je suis prisonnier ?

Le monde d'aujourd'hui est le monde de l'information, et l'informatique est justement ce formidable outil de traitement de l'information. Or ces informations doivent être organisées. Le système d'organisation d'un ensemble d'informations relatif pour un ordinateur est le format de fichier. De même, pour pouvoir échanger des informations entre les ordinateurs, il faut une méthode commune de communication, méthode qui dépendra généralement du type d'information à transmettre, ceci s'appelle le protocole.

Pour résumer :

Pour permettre une communication correcte entre plusieurs systèmes informatiques (ce que l'on appelle dans notre monde l'interopérabilité), il faut définir des standards de communication, des règles pour que tout le monde parle le même langage.

Nous distinguons alors plusieurs types de formats de fichiers et de protocoles de communication.

Les formats libres, ou standardisés par des organismes de certification, fournissent à toute personne le voulant l'intégralité des informations nécessaires pour que tout programmeur puisse permettre à un logiciel de lire son format de fichier, ceci permet donc d'avoir l'assurance d'avoir un format de fichier qui puisse être lu sur de nombreux systèmes. Ce sont le cas des formats de fichiers tel que le JPEG, le HTML, le PHP, l'Open Document (format de fichier utilisé entre autre par Open Office.org), l'ogg. Chacun peut, avec des connaissances en informatique nécessaires, connaître toutes les subtilités du protocole ou du format de fichier, et l'utiliser dans l'un ou l'autre des systèmes.

D'autres formats sont eux dits propriétaires, il sont créé et géré par une société. Le but de ces formats est la non interopérabilité. Ce type de format a un très gros avantage : le créateur du logiciel a l'assurance presque complète que les seuls logiciels qui pourront lire son format seront ceux qu'il a choisi, et en toute logique commerciaux, les siens. Ceci est le cas des formats de fichiers Word, Excel, PowerPoint, Acces, Windows média audio (WMA), Windows média vidéo (WMV), mais aussi des protocoles de communications tel que MSN.

Seules quelques personnes ayant accès à des documents ultra secrets (et possédant en supplément des connaissances en informatique nécessaires) pourront connaître le système de fichier ou le protocole.

Nous avons donc d'un coté des formats Ouverts et Libres, et de l'autre des formats propriétaires, fermés.

En quoi un format de fichier fermé est-il vraiment un problème ?

Le principe d'un système fermé est d'avoir un contrôle sur le système en lui même. L'intérêt est alors de pouvoir modifier ce système comme le propriétaire le veut, et généralement au moment et de la façon qui l'intéresse le plus, ce moment et cette façon n'étant pas nécessairement dans l'intérêt de l'utilisateur.

Prenons l'exemple du réseau MSN/Windows Live, système de communication instantané le plus utilisé actuellement. Le protocole de communication utilisé est fermé et sous contrôle de l'entreprise (non moins connue) Microsoft. Pour forcer le passage d'une version à une autre, le principe est on ne peut plus simple. On change légèrement la façon de communiquer de telle façon à ce que la vieille version ne sache plus, ou mal communiquer, mais pas la nouvelle. Vous ne pouvez donc pas rester sur la vieille version, même si pour vous elle est 200 fois mieux que la nouvelle.

Autre chose. Il vous faut obligatoirement le logiciel de l'éditeur pour lire un fichier propriétaire. Le logiciel en lui même est souvent payant et parfois il vaut même les yeux de la tête. Ceci m'amène à un autre problème : si vous voulez lire votre fichier sur un autre ordinateur que celui sur lequel vous l'avez créé (le micro de la maison, le micro d'un copain, ou tout autre ordinateur) il faut impérativement que cet ordinateur ait ce même logiciel (et donc dépenser une somme d'argent non négligeable) pour lire le fichier en question.

Ingénierie a rebours.

C'est quoi encore ce bidule ? Ce bidule comme vous dites est un bricolage, et encore, c'est parfois un bricolage qui est très moyen. Ceci intervient quand un éditeur de logiciel veut pouvoir lire et écrire un format de fichier propriétaire, dont le propriétaire ne lui a pas donné l'autorisation. Ceci est le cas, par exemple, d'Open Office.org, qui veut lire le format de fichier propriétaire Word (les *.doc).

Il ne faut donc pas partir de la documentation du constructeur, vu qu'il l'a enfermée dans un gros coffre-fort (ou sinon ça revient à un cambriolage, mais c'est une méthode encore peu utilisée). Le jeu est donc de partir de fichiers déjà construits pour arriver à deviner (je vous avais dit que c'était pas net) comment il a été construit.

Après les résultats sont plus ou moins bons. Les formats Word, Excel ou encore PowerPoint fonctionnent plutôt bien, d'autres s'en tirent moins bien.

Cela est utile surtout pour la lecture de fichiers propriétaires quand vous ne souhaitez plus utiliser les logiciels propriétaires, mais ceci reste soumis aux problèmes de changements intempestifs au niveau du créateur du format.

C'est donc loin d'être la solution ultime.

Imaginez…

Imaginez maintenant un nouveau type de fichier, non soumis au bon vouloir d'une unique entreprise, mais créé dans le seul but de satisfaire l'utilisateur au niveau de son ouverture, de sa souplesse ou de sa performance. Imaginez des protocoles créés dans la même optique de satisfaction de l'utilisateur, qui n'ont des changements que quand c'est nécessaire, mais en prenant une attention toute particulière à rester compatibles avec les vieux systèmes, et de leur permettre de communiquer avec les nouveaux. Des formats standardisés dont toutes les informations son disponibles pour tous, et que toute personne ayant les compétences informatiques nécessaires peut alors créer un logiciel gérant parfaitement ce format de fichier ou ce protocole.

Arrêtez d'en rêver… Vivez le.

Ces systèmes existent, vous en utilisez certains sans le savoir, et il en existe d'autres qui ne demandent qu'à être connu. Nous séparons ici deux types de systèmes : les systèmes standardisés par des organismes indépendants, ou les standards de fait (au vu de leur simplicité), et les formats issus d'internet lui même. Ce dernier type de format est appelé format libre.

Commençons l'article !

Comment ça ? On en est qu'au début ? Et oui, bon revenons à nos moutons. Le sujet du jour est les logiciels libres. Les logiciels libres sont conçus à l'origine par des communautés sur Internet, il sont créé autour des formats et protocoles libres dans le but d'y correspondre au maximum. Ils sont aussi conçus pour donner le maximum de liberté à l'utilisateur.

GNU is Not Unix

Gnou, l'embléme du projet GNU
Gnou, l'emblême de GNU

À une époque, maintenant éloignée, le principal système d'exploitation utilisé était UNIX. Or, ce système était très cher et complètement verrouillé. C'est alors qu'une communauté sur internet, dirigée par un certain Richard M. Stallman a décidé de créer une copie libre de ce système. Le projet fut nommé GNU pour "Gnu is Not Unix" (ce qui en français correspond à "GNU N'est pas Unix"). Or, il fallait impérativement mettre une licence aux logiciels du projet GNU, c'est pour cela que ce cher monsieur Stallman a rédigé la licence GPL.

GPL : Gaz de Pétrole Liquéfié ?

Richard Stallman, le créateur du projet GNU
Richard Stallman, le créateur de GNU

Non, pas du tout, GPL = General Public Licence , ou en français Licence publique générale. Cette licence, bien que loin d'être la seule du type, est la licence libre par excellence. Elle est là pour garantir quatre libertés fondamentales : Liberté d'utilisation, Liberté d'étude, Liberté de modification et Liberté de diffusion.

Sans trop rentrer dans les détails, vous avez le droit de prendre un logiciel GPL, de l'utiliser comme bon vous semble, d'en étudier le fonctionnement en profondeur (tous les éléments nécessaires à cette étude vous sont fournis), de le modifier comme vous l'entendez (ici aussi tout vous est fourni) ce qui permet entre autre de l'adapter à vos besoins, et la liberté de le diffuser comme bon vous semble, que ce soit la version originale ou une version modifiée. Ceci à UNE condition : le logiciel redistribué, où le logiciel modifié doit impérativement être sous licence GPL. De plus la licence doit toujours accompagner le logiciel sous GPL.

Il est à noter que la GPL ne se limite pas simplement aux logiciels.

Logiciel GPL, quel prix ?

Contrairement à une croyance répandue, libre ne signifie pas gratuit. Cette phrase est assez mystérieuse pour nos amis anglophones, qui utilisent le mot « free » à la fois pour dire « libre » et « gratuit ». Mais pour nous autres francophones, la situation est plus facile.

À la base, un logiciel libre n'est pas forcément gratuit. Vous pouvez tout à fait créer ou récupérer un logiciel libre et le vendre. Toutefois, la licence impose que la personne qui vous l'achètera pourra le redistribuer librement… y compris gratuitement. Ainsi, les sources d'un logiciel libre finissent systématiquement par être gratuites. Il est donc possible de vendre tel quel une copie d'un logiciel libre qui ne vous a rien coûté. Le seul dilemme est d'ordre moral : la personne qui vous l'achètera pourrait très bien l'avoir ailleurs gratuitement.

Néanmoins, le logiciel libre seul est fourni tel quel, sans aucune garantie d'aucune forme, ni aucun support (en gros c'est démerdez-vous !). Il est donc courant de facturer d'une part les frais du support informatique, d'emballage et d'expédition mais aussi, et c'est là qu'est la majorité du prix, une garantie comme quoi le logiciel fonctionne correctement, et/ou un support technique pour vous aider, si besoin est, dans l'utilisation du logiciel. Ni cette garantie, ni ce support technique ne sont obligatoires.

Il existe pour certains logiciels une version sans garantie ni support, de façon gratuite, et une autre version payante, mais avec la garantie et l'assistance.

Pour vous montrer la souplesse du système je dirais simplement que rien ne vous interdit de prendre un logiciel sous GPL gratuit et de le revendre en assurant vous même la garantie et/ou le support technique, mais autant vous le dire tout de suite, c'est une pratique qui est assez mal vue dans le monde du libre.

Vous pouvez trouver la GPL dans sa version 2 (la plus commune à la rédaction de cet article) Ici (en Anglais, vu que c'est la seule version qui a de la valeur).

Concrètement

Où trouver du logiciel libre aujourd'hui. Vous en utilisez peut-être déjà en ce moment même sans le savoir.

L'un des plus connus du grand public est peut-être le navigateur Web Mozilla Firefox qui a plutôt le vent en poupe en ce moment et qui est sous licence libre (mais pas GPL). Vous retrouvez dans la même catégorie le moins connu mais non moins fantastique client Mail Mozilla Thunderbird.

Vous avez également la suite bureautique OpenOffice.org qui utilise par défaut le format libre et standardisé Open Document, format utilisable tout aussi bien sur d'autres logiciels tels que AbiWord, Koffice, ou même le traitement de texte en ligne de Google.

Vous avez l'âme d'un graphiste ? L'éditeur d'image The Gimp, ou le logiciel de 3D Blender, ou encore le moteur de rendu Persistance Of Vision sont faits pour vous.

Audacity, CDex, VLC ou encore Media Player Classic, sont aussi des logiciels libres.

Les webmasters eux manipulent souvent du libre avec le serveur Web Apache, mais surtout avec PHP et MySQL (oui, c'est du libre :-) ).

Que citer d'autre ? Que le logiciel interne de la FreeBox est libre, comme la plupart des logiciels internes sur les routeurs.

Mais finalement le plus simple et de vous dire que sur http://www.framasoft.net vous trouverez une multitude de logiciels libres plus sympas les uns que les autres. Il y en a pour tous les goûts.

Conclusion

Et vu que vous avez été gentils de m'écouter jusqu'au bout, je vous annonce que vous avez déjà commencé à rentrer dans le monde du libre.

En effet cet article est sous licence GPL, et vous trouverez les sources au format Odt Ici.

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